Jump to content
  • Announcements

    • farangfrog

      VLM : Appel aux développeurs bénévoles   08/10/16

      Nous recherchons des personnes souhaitant contribuer bénévolement au développement de Virtual Loup de Mer, avec des compétences par exemple en PHP, JS, C, web/css, graphisme. Si vous êtes intéressés, merci de contacter @sbs par MP.

Recommended Posts

Fripouille    18

Je suis allée faire un tour dans le détroit de Bellot au nord de la péninsule Boothia, retour vers les Iles Tasmania ; Yvan est toujours bloqué "dans le rouge"

 

 

Capture.jpg

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Dilemme sur le Défi Bimedia : « Dans l'idéal, j'espère avancer un peu mardi … »

Toujours au mouillage hier, au moment de la vacation, Yvan souffrait du froid à moins 4°, et décrivait les ponts de « Ma Louloutte » recouverts de givre et de verglas. Pour autant, ce qui l'atteint le plus est bien la difficulté à évaluer si il lui sera possible de continuer vers le nord, et quand !

Son mouillage actuel est protégé de tous les vents, même s'il faut se déplacer à l'intérieur pour trouver l'endroit propice. S'il le quitte pour s'approcher des Tasmania Islands, il sait qu'il ne trouvera plus d'abri aussi polyvalent. Or le bouchon de banquise existe toujours entre les Tasmania et le détroit de Bellot, ce qui lui imposerait un stop dans l'archipel ou à proximité.

Aujourd'hui des vents forts soufflent sur le secteur et devraient faiblir en début de nuit en heure française. Si Yvan décidait de partir, sans aucune assurance que le passage se soit partiellement libéré, il devra risquer d'être malmené près des Tasmania mercredi, par des vents forts dans un mouillage mal abrité et ouvert aux growlers. Expérience infernale qu'il a déjà vécue et qu'il souhaite à tout prix ne pas renouveler.

La distance qui sépare sa position actuelle du Détroit de Bellot est proche de celle entre La Trinité sur mer et l'le d'Yeu ! Une broutille à l'échelle du Défi Bimedia, mais pourtant immense en terme de difficultés accumulées :

« Dans l'idéal, j'espère avancer un peu mardi, me protéger du coup de vent mercredi et passer Bellot jeudi. Mais pour l'instant c'est totalement hypothétique, car c'est complètement bouché au nord des Tasmania Islands. Peut-être que le coup de vent de sud sud-ouest de demain va ouvrir la glace, c'est tout ce à quoi je peux me raccrocher. »

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
grandfrère    16

:tapr:

 

ça risque de devenir le Détroit du Ballot, c't'affaire !!!

 

Super reportage; Merci Fripouille !

 

.............................. :shake:

 

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Absente ce week-end, et Yvan réussit un exploit : forcer le passage vers le détroit de Bellot avec 40 à 60% de growlers :pshit2:

Aujourd'hui, moins de 10 % de glace dans Prince Regent Inlet et des conditions de vent Nord mais maniables pour le moment . Fripouille est repositionnée !!!

Yvan se dirige au près vers le détroit de Lancaster pour rejoindre la baie de Baffin  puis la traverser en direction de NUUK, capitale du Groenland.Capture1.PNG.eeb9aea7d95308371331014889bf1f54.PNG

 

 

 

Capture.PNG

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Nouvelles ce soir:

En liberté conditionnelle

"Aujourd'hui, Yvan remonte vers le nord entre Baffin Island à l'Est, et Sommerset Island à l'Ouest. Pour le moment sa progression vers le nord compense le rallongement naturel des nuits, et l'obscurité est toujours d'environ 6 heures ; une fois dans le détroit de Lancaster, il devra mettre cap à l'Est puis au Sud-est pour faire route directe sur Nuuk ; les nuits feront alors près de 12 heures.

Les growlers seront normalement peu ou pas présents jusqu'à Nuuk, mais les icebergs oui. Si même la nuit leur présence peut se signaler au marin par une baisse rapide de la température, en revanche, les brumes épaisses de la mer de Baffin en cette saison rendraient périlleuse toute navigation : « En cas de brume qui masque parfois les étraves, je n'aurai pas d'autre solution que de me laisser dériver en attendant que ça se dégage ! Mais la patience est quelque chose que j'ai appris ici. Et au moins un iceberg peut se contourner ! »

Les brouillards givrants seront peut-être au rendez-vous et avec eux les risques d'alourdissement du gréement sous une gangue de glace. N'oublions pas non plus que Sommerset Island que longe Yvan depuis sa sortie du Détroit de Bellot est une des zones regroupant le plus d'ours polaires en Arctique. En cas d'obligation de mouillage il devra être très vigilant.

Restent les tempêtes et les vents catabatiques dont la saison commence...

On le voit, la liberté laissée par les glaces est relative, et Yvan est comme en conditionnelle !"

Share this post


Link to post
SMILY_World    9
Il y a 15 heures, Fripouille a dit :

vents catabatiques

280px-Katabatic-wind_fr.svg.png

 

ça sent vraiment la rentrée des classes, on en apprend tout les jours :yess:

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Ce soir, Yvan plein Est dans le détroit de Lancaster, vent arrière d'environ 10 nds.

"Comme au début du Défi Bimedia, les panneaux solaires privés de luminosité, ne chargent pas suffisamment les batteries et Yvan doit barrer à la place des pilotes. Il est déjà dans le rouge au niveau sommeil après seulement 4 jours de navigation depuis Weld Bay. Pour l'instant, rien ne dit que les conditions vont en rester là et le marin garde bon moral.
Il fait route au près, par 12 nœuds de vent, sur une mer à 0° et de l'air à moins 5° ; les embruns sont de retour dans ces zones sans glace, et augmentent la sensation de froid due au vent apparent : « Ce sont les conditions les plus froides depuis le départ de Nome, et je n'arrive pas à me réchauffer les pieds malgré mes 4 paires de chaussettes »
Hier, la progression de « Ma Louloutte » a été brutalement stoppée ! Dans ces régions mal cartographiées Yvan a d'abord pensé à un choc contre une roche. Quand il a aperçu les défenses d'un morse entrain de plonger dans son sillage, il a compris la vraie nature de cette collision : « Heureusement, je n'allais pas très vite et les coques n'ont pas souffert, le morse non plus je crois. Par contre comme j'ai choqué le gennaker en urgence il s'est accroché au panneau solaire et s'est déchiré. J'attendrai un moment plus calme pour recoudre et appliquer un « Composite Patch ». Je ne suis pas inquiet ».
La Mer de Baffin est libre de growlers mais la vigilance est toujours de mise, une rencontre est toujours possible même si les probabilités sont faibles."

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Yvan s'est arrêter plusieurs heures sur la côte Est de l'île Bylot et a repris sa route hier au soir.
Ce matin , vent de S.O. 4 nds, il contourne l'ile par le sud pour rejoindre la mer de Baffin

"Moins 7° au sommet du Défi Bimedia
Remonté vers le Nord depuis la sortie du Détroit de Bellot samedi, Yvan a atteint hier le point le plus au nord du Défi Bimedia, proche des 74 degrés Nord, et des conditions de froid très rudes. Les moins 7 degrés sont difficiles à supporter pour Yvan qui est frigorifié même au fond de son duvet. Les doigts engourdis rendent la moindre manipulation compliquée, et pour ajouter à l'inconfort, l'absence de soleil depuis 4 jours l'oblige à barrer presque constamment ; Il utilise les minces réserves d'énergie fournies par les panneaux solaires pour que les pilotes prennent un peu le relais la nuit.
Sous la menace du froid et des coups de vent
Le givre et le verglas qui recouvrent « Ma Louloutte » ont des conséquences inattendues. Yvan s'est aperçu que quand le mât est recouvert de verglas, la gorge dans laquelle coulissent les galets de ralingue de grand voile, est obstruée. Il lui est alors presque impossible d'affaler la voile. Un réel danger en cas de grain brusque qui demanderait une réduction de toile rapide. Un chavirage pourrait survenir, et avec une eau à 0°, c'est une éventualité totalement interdite. « Depuis que j'ai conscience de ce problème d'affalage dû au gel, j'ai pris la décision de naviguer avec 1 ris dans la grand voile en permanence. Je ne risquerai pas d'être surpris par une rafale traître, tans pis si je suis sous toilé le plus souvent. » De plus, son eau gèle même dans son duvet et les batteries des écrans de lecture de cartes ne tiennent plus la charge.
Le salut viendra peut-être du cap à l'Est qu'Yvan peut suivre depuis qu'il est entré dans le détroit de Lancaster, et du cap Sud–Est qui suivra. La température de la mer devrait remonter et avec elle celle de l'air.
Une autre menace se profile sous la forme d'une dépression très creuse qui pourrait être la plus violente depuis le début du défi. Les abris ne sont pas légion le long de cette côte montagneuse aux paysages sublimes. Pond Inlet est en ligne de mire et semble pouvoir convenir au mouillage.
Mais il faudra se méfier, a cause des températures largement négatives, de ne pas se faire piéger par de la banquise qui pourrait en se formant figer la surface d'un plan d'eau abrité. « Au large les mouvements de houle et les vagues contrarient la formation de glace à la surface, par contre, près des côtes, au calme, je dois être sur mes gardes pour éviter de me faire prendre au piège »

Capture.PNG

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Fripouille    18

En direction de Pond Inlet Yvan a mouillé hier dans une baie au pied de montagnes et d'un petit glacier, dans des fonds de 2 mètres. En raison d'un marnage supérieur à celui indiqué sur les cartes, l'ancre a décroché obligeant Yvan à se mettre à l'eau pour éloigner le bateau du rivage et repartir à la recherche d'un havre plus sécurisant. Au passage, il lui a fallu briser la surface gelée de qui menaçait de le bloquer
Mais voilà qu'aujourd'hui, « Ma Louloutte » sous la menace d'une dépression très creuse avec des vents prévus de 50 nœuds, doit se mettre à l'abri une nouvelle fois et probablement pour au moins 4 jours ! 
Le prochain mouillage est délicat, et certainement sur deux ancres pour résister aux fortes rafales attendues.
« C'est dur, très dur, le sort s'acharne sur moi. Je suis gelé, il n'y a pas de soleil depuis 5 jours, et de ne plus avancer c'est carrément déprimant. Ici c'est tout ou rien depuis le début : soit des vents faiblards soit des coups de vents. Et même au mouillage avec 40 ou 50 nœuds, je ne peux pas faire grand chose en cas de problème. Je n'arrive même pas à maintenir mon eau liquide en mettant les bouteilles dans mon duvet ; du coup je ne m'hydrate pas assez. J'ai eu des crampes violentes à cause de ça. Pendant le tour du monde, j'ai eu une seule fois une baisse de moral, ici c'est souvent. Vraiment je suis au bout de ce que je peux donner. »

 

Capture.jpg

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Fort coup de vent attendu sur le Défi Bimedia

Stand by Météo pour Yvan Bourgnon

Hier à Hatt Bay, Yvan semble avoir trouvé le mouillage qui le protégera efficacement pendant le fort coup de vent attendu. Au plus fort, les rafales dépasseront les 45 nœuds et « Ma Louloutte » sur ses deux ancres devra résister pour ne pas chasser et s'échouer.

Le sentiment d'être au bon endroit pour ce qui l'attend a apaisé et reboosté le moral d'Yvan. Il est situé à quelques miles dans l’ouest de Pond Inlet, et pourra poursuivre sa route dès que le vent et la houle seront redevenus maniables, sans doute pas avant dimanche soir ou lundi.

Quelques points positifs

Un facteur important dans les jours qui viennent, est la remontée des températures 2 ou 3 degrés au dessus de zéro, qui rendront la vie d'Yvan plus confortable, ne serait-ce que pour s'hydrater sans avoir à faire fondre son eau avec le réchaud, qu'il devait au préalable avoir lui même réchauffé afin qu'il fonctionne. Les crampes qui le handicapaient, faute de boire assez souvent, devraient le laisser tranquille.

Le calme relatif va lui permettre de réparer la déchirure du gennaker avec des patches composite. Yvan l'avait choqué en urgence après sa collision avec un morse, et la voile s'était accrochée sur un panneau solaire.

Ensuite la descente le long des côtes Canadiennes sur la Mer de Baffin pourra reprendre, avec plusieurs options de route selon les conditions météo : « L'important c'est que je me rapproche de ma petite famille, cette perspective m'aide à tenir jour après jour. »

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Mouillage surréaliste à Hatt Bay sur le Défi Bimedia

Le stand by météo de « Ma Louloutte » prend des allures totalement hallucinantes dans une petite anse à quelques miles de Curry Island. Hier, Yvan avait prévu du costaud au niveau du mouillage en affourchant ses deux ancres, mais attendait des vents de 25 à 30 nœuds qui sont en fait montés à 40 et plus dans les rafales. « Ma Louloutte » tirait violemment sur ses chaînes et se faisait secouer par un clapot d'un mètre.

Comme si ce n'était pas suffisant, le catamaran s'est plusieurs fois retrouvé sur une coque ! La conjonction des rappels brutaux des chaînes, des mouvements du clapot et des fortes rafales ont provoqué ces figures de style qui ont obligé Yvan à user de son poids pour maintenir son bateau à plat et lui éviter de se retourner !

Un voilier Australien, et un remorqueur qui tracte la barge du bateau d'Amundsen avaient rejoint la même baie ; Yvan effaré a vu le remorqueur chasser, et la barge derrière lui venir au contact du voilier mouillé un peu en arrière. Le voilier sous la pression a pris une gîte de 45° et Yvan pouvait voir l'équipage en panique essayer de se dégager. C'est seulement quand le remorqueur a mis ses machines en avant que la situation s'est rétablie : « Incroyable, surréaliste ! Je n'ai jamais vu une telle scène ! Un moment j'ai même craint que cet attelage ne m'arrive dessus et emporte « Ma Louloutte » ! J'ai eu le capitaine du remorqueur à la VHF, il m'a dit que depuis dix ans qu'il navigue sur ce bateau et dans cette région, c'est la première fois que ces ancres dérapent ! »

La rencontre hautement symbolique entre le bateau d'Amundsen, premier explorateur à avoir franchi le passage du Nord-Ouest et Yvan était déjà improbable, mais dans de telles circonstances, personne n'aurait pu l'imaginer.

Attention, car le plus fort des prévisions de vent est pour la nuit de samedi à dimanche avec plus de 50 nœuds dans les rafales. « L'endroit semble sûr même si j'ai fait du freestyle hier ! Mes ancres n'ont pas bougé et c'est le principal. Avec 50 nœuds si elles dérapent ce sera l'échouage assuré. » 
Yvan aura l'énergie suffisante pour surmonter cette tempête, car les nouvelles sont bonnes pour les jours suivants : « Quand cette dépression sera passée, il y aura normalement 3 à 4 jours favorables à la traversée de la Mer de Baffin, avec en plus des températures qui redeviendront positives ! Donc je suis prêt si tout ça se confirme à partir dès lundi pour la traversée. Une fois de l'autre côté, les mouillages sont nombreux pour s'abriter en cas de coup de vent alors que côté canadien ils vont se raréfier. Là je sens bien la suite et je pourrais être à Nuuk le 20 !! ».

Bien sûr personne ne sait mieux qu'Yvan que des pièges et des retournements de situations sont toujours possibles. Mais pour une fois l'horizon semble s'éclaircir pour l'issue du Défi Bimedia !

 

21433271_1684657068220343_8875884518958430329_n.jpg

Share this post


Link to post
Fripouille    18

La tempête a tenu ses promesses au mouillage de Hatt Bay, et les 60 nœuds des rafales sont les plus élevés mesurés depuis le début du défi. Suite à ses figures de style pendant le premier coup de vent il y a deux jours, où « Ma Mouloutte » s'était parfois retrouvée sur une coque et Yvan au rappel, des solutions ont été imaginées : « Pour éviter de me retrouver à l'envers cette fois -ci j'ai rempli d'eau de mer des bidons et jerricans, pour alourdir les flotteurs. 200 kilos de chaque côté ! Ça a aidé à maintenir le bateau à plat dans les longues heures de tempête. C'était vraiment stressant et angoissant, avec un tel vent, si mes ancres chassaient c'était l'échouage assuré. »

La dernière traversée

Hier soir heure française, le vent avait déjà bien baissé et Yvan a quitté son mouillage à minuit. Il est sorti du long passage encaissé entre des montagnes après Pond Inlet, et entre ce matin dans la Mer de Baffin. La tempête est encore perceptible dans les mouvements de houle et de vagues, qui vont peu à peu s'apaiser.

Le vent de nord modéré devrait permettre à Yvan de tenir des moyennes élevées les premiers jours de cette traversée vers la baie de Disko au Groenland. Près de 400 miles et 4 jours l'attendent avant de voir à l'horizon les massifs groenlandais.
Les pièges de cette fin de parcours sont encore potentiellement nombreux : Vents forts, brumes soudaines, icebergs le long des côtes groenlandaises. Mais la somme de difficultés surmontées jusque là donne à cette navigation en Mer de Baffin, loin des mouillages infernaux et enneigé, un goût de délivrance.

Après son atterrissage près de Disko Bay, Yvan descendra vers le sud et Nuuk, son point d'arrivée. Entre les deux, les mouillages sont plus nombreux et plus sûrs qu'au Canada Arctique.

Capture1.jpg

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Propulsé en Mer de Baffin

Reparti hier à minuit heure française, quelques heures après le remorqueur, Yvan pensait voir, comme prévu, le vent mollir progressivement. C'est le contraire qui s'est produit, entre les montagnes qui entourent le « fjord » à l'est de Pond Inlet. : « Le vent est monté assez brutalement, et jusqu'à 50 nœuds, la nuit est tombée et la situation est devenue intenable. « Ma Louloutte » n'est pas taillée pour ça, et j'ai rapidement tout affalé. Pour réduire la vitesse et contrôler un peu cette fuite, j'ai mis à l'eau mes 2 ancres flottantes... Et aussi mes deux ancres classiques ! Malgré ça j'avançais encore à 6 nœuds à sec de toile. Sans doute que le vent fort était augmenté par un effet venturi à cause des montagnes. Le vent soufflait dans l'axe du plan d'eau et m'a propulsé en Mer de Baffin. Je me suis rarement senti autant en danger.

Là, il est passé à 35, 40 nœuds avec une mer très formée et des creux de 4 m assez rapprochés. Comme il avait tourné au nord j'ai continué à fuir ver le sud, toujours à sec de toile. Impossible dans ce vent et cette mer casse bateau d'imaginer traverser directement vers la Baie de Disko ! Je pense que c'est trop risqué de tenter de traverser et je vais descendre en longeant le Canada. J'espère que ça va mollir comme prévu plus au sud. Je me raccroche à ça. Parce qu'en ce moment avec le vent du nord les températures sont très rudes. Dans une mer comme celle là assez escarpée, j'ai frôlé le chavirage deux fois et c'est sûr, ce serait la fin du défi... »

Les éléments prennent un malin plaisir à rendre toute prévision impossible sur le Défi Bimedia et encore une fois, l'optimisme à peine réapparu hier, a été tué dans l'œuf.

Share this post


Link to post
Fripouille    18

C'est devenu une rengaine habituelle sur le défi Bimedia. Au moment de franchir un point clé, les éléments se liguent pour retarder la progression de « Ma Louloutte ». Cette constatation s'est vérifiée une fois de plus hier. Alors qu'Yvan pensait avoir un créneau favorable pour gagner dans l'est vers les côtes Groenlandaises, le vent plus soutenu que prévu, la mer très formée avec plus de 3 mètres de creux déferlants, la nuit d'encre et la présence de champs de growlers ont eu raison de l'impatience de l'aventurier.

Roulette russe

Plusieurs plaques de glace de 50 mètres de long et à peine 1 mètre de haut ont étés frôlées dans des surfs, car aperçues au dernier moment. La surveillance permanente impose à Yvan de découper son sommeil en petites tranches et l'usure s'installe, le réveil n'est parfois pas suffisant pour le faire émerger. Dans la nuit noire, il serait suicidaire de naviguer dans de tels champs de mines ! C'est ce qui a guidé la décision d'Yvan de rallier un nouveau mouillage dans le sud de l'ile de Baffin :

« C'est épuisant de naviguer sous une telle pression, une part de hasard tellement importante ! En plus de ça, c'est constamment nuageux et les nuits sont noires, je vois à peine les étraves. Je me suis mis à la cape avant d'entrer dans le mouillage à l'aube. Mais même à la cape je dérive à 2 nœuds et si je touche un growler sous un mauvais angle je risque d'éventrer les coques ! Là je suis dans un endroit sûr ou je vais pouvoir récupérer. Le problème, mais je ferai avec, c'est que mon duvet s'est envolé et je n'en avais qu'un. Et les températures sont encore négatives malgré la descente au sud donc je gèle. »

L'anse de Qikiqtarjuaq dans laquelle se trouve Yvan a abrité le voilier polaire « Vagabond » pendant ses 4 hivernages successifs. Les filles du bord allaient chaque matin à l'école, en traîneau tiré par des chiens ou en scooter des neiges, au village le plus proche.

Le prochain créneau favorable à une traversée semble être dimanche matin, sous réserve des habituelles surprises concoctées par cette contrée réticente à se laisser dompter. Resterait alors environ 300 miles à parcourir, avec les icebergs, les coups de vents et les nuits de 10 heures pour compagnons, pour enfin rallier Nuuk, capitale du Groenland et ville d'arrivée du Défi Bimedia.

Capture.PNG

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Yvan vient juste de lever l'ancre !!!

 

« Ma Louloutte » est en stand by dans l'anse de Qikiqtarjuaq, à la fois pour dormir, si possible, et attendre un créneau favorable à la dernière traversée vers Nuuk.

Dans la nuit de vendredi à samedi, au mouillage, Yvan s'est allongé sur son banc couchette, essayant de s'endormir malgré le froid plus rude, maintenant qu'il est privé de son duvet. L'endroit est sécurisant, les fonds de bonne tenue pour son ancre et le sommeil a fini par l'emporter.

Soudain, alerté par une position inhabituelle du bateau, dont les étraves plongeaient sous la surface et le tableaux arrières s'élevaient 1 mètre au dessus de l'eau, Yvan a bondi hors de son abri de toile. Dès que ses yeux se sont habitués à l'obscurité, ses craintes se sont avérées fondées :
« Devant moi au niveau des étraves, un ours polaire avait les deux pattes posées sur le pont de la coque bâbord qui s'enfonçait sous l'eau. J'ai immédiatement pris mon pistolet qui reste toujours à mes côtés quand je dors, et tiré un pétard au dessus de sa tête, comme prévu dans la procédure, pensant l'effrayer par le bruit. 
Il n'a pas bougé, totalement impassible, alors que mes oreilles sifflaient tant le bruit était assourdissant. Dans le même temps je n'ai pas cessé de hurler vers lui, comme on me l'avait conseillé. J'ai retiré sans plus de succès...Là j'étais tétanisé par la peur de voir le moindre signe de déplacement de l'animal, et pendant une ou deux minutes qui m'ont semblé une éternité, nos regards se sont croisés et la mort dans l'âme j'ai envisagé de m'emparer de mon fusil, sentant ma vie en danger. 
C'est alors que très calmement sans aucun signe de crainte, l'ours a relâché la coque de « Ma Louloutte »qui a retrouvé son assiette normale ; Il à tranquillement glissé dans l'eau et je l'ai suivi des yeux tant que j'ai pu malgré l'obscurité. 
Je suis resté à genoux sur mon banc pendant de longues minutes, tremblant comme une feuille, conscient d'être passé près de la catastrophe. J'ai attendu l'aube, sursautant au moindre bruit, et fouillant les profondeurs de la nuit sans lune à 360 ° . Là je me suis endormi malgré mes craintes. Plus jamais je ne me sentirai en sécurité au mouillage. »

Encore une fois Yvan peut s'estimer heureux de l'issue d'une mésaventure ou il à frôlé le pire. Ce midi heure française, il devait quitter ce mouillage, pour entamer la traversée vers Nuuk point final du défi Bimédia au Groënland. Son déficit de sommeil est toujours présent, et ses mains crevassées le font souffrir et le handicapent quant il s'agit de manipuler le moindre objet :

« J'ai tellement de mal à serrer quelque chose avec les doigts que j'ai laissé tomber à l'eau un de mes Ipads qui me servait à visionner les cartes. Et je redoute le moment de remonter la chaîne de l'ancre, je sais que ce sera une souffrance. »

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
SMILY_World    9

:secret:comme l'impression qu'il est passez à côté d'une chance de remplacer son duvet perdu...

parure-de-lit-ours-blanc-140x200-terre-d par une bonne couverture polaire

( vivement qu'il arrive ! )

Share this post


Link to post
Fripouille    18

Yvan est arrivé à NUUK au Groenland cette nuit vers 3h00

:chicken::phil::pshit2::pod1:

  • Thanks 1

Share this post


Link to post
Logeo80    4

bravo a lui !! :mousq:

Share this post


Link to post

Bel exploit ! … Mais que de risques !!! A toujours repousser les limites on franchit celle de trop, et cette fois, il n'est pas passé loin. Heureusement il s'en sort. :win:

Merci Fripouille pour ce feuilleton qui nous a permis de suivre le défi de bout en bout ( et des bouts sur un bateau, ça ne manque pas…  ;) )

Share this post


Link to post
SMILY_World    9
Il y a 3 heures, Fripouille a dit :

Yvan est arrivé à NUUK au Groenland cette nuit vers 3h00

Voilà une bonne nouvelle :)

( on peut avoir l'épisode manquant ? comment c'est passée la dernière traversé depuis le dernier mouillage...où le suspense était de savoir s'il arriverait à lever l'ancre avec ses mains crevassées.)

Share this post


Link to post
Fripouille    18

:D

Flash Back sur les derniers jours !!!

 

La dernière traversée du Défi Bimedia

Le 18 septembre

 C'est avec soulagement qu'il laisse derrière lui Qikiqtarjuaq, l'endroit de l'île de Baffin le plus peuplé d'ours polaires. La nuit qui a suivi la visite du géant blanc d'hier a été stressante, et c'est avec plaisir qu'Yvan retrouve le large. Cap sur le Groenland, enfin !

Sous spi avec 10 nœuds de vent, mais chahuté par la mer résultant de la dernière tempête, les conditions ne sont pas idéales pour « Ma Louloutte ». Parfois, bien que vent arrière, les trains de vagues arrivent de face !

Pourtant le moral est bon et même au top, pour une raison simple : Le soleil est de retour ! Yvan a déjà donné en matière de coups de vent et tempêtes ces derniers jours, et ne se formalise pas d'une relative mollesse du vent ! :

« C'est sûr que je préférerais avoir 15 nœuds que 10 mais, en tous cas je préfère ça à la baston entre 40 et 50 ! Là je marche entre 5 et 6 nœuds cap à l'est pour l'instant, et même si l'air est entre moins 1° la nuit et plus 2° le jour, le soleil fait passer tout ça plus facilement !

Champs d'icebergs

En ce moment je croise des icebergs, environ 20 depuis mon départ du mouillage. Ce sont de vrais immeubles de glace d'environ 500 m de long et près de 100 mètres de hauteur pour les plus grands ! Le souci c'est que présence d'icebergs va souvent avec présence de growlers et c'est plus risqué, j'en sais quelque chose, car ils sont presque indétectables... La nuit, si je suis dans des zones douteuses, je n'hésiterais pas à me mettre à la cape pour éviter toute collision à vitesse élevée. »

En fonction des nuits, avec ou sans visibilité selon la couverture nuageuse, Yvan se voit arriver entre le 20 et le 21 à Nuuk

 

dernière video:

https://fr-fr.facebook.com/ybourgnon/videos/1695971920422191/

 

 

Share this post


Link to post

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now


×